Et si l’art permettait de mieux comprendre le monde du travail ? C’est le pari qu’ont relevé cette année les 36 élèves de terminale en spécialité SES avec Mme Balara, lors d’une sortie scolaire à la Microfolie de la Cité des Arts de Saint-Denis, autour du thème Les représentations du travail et des luttes sociales dans l’art.

Ce projet s’est déroulé en deux temps.
Lors d’une première séance, en avril, la médiatrice culturelle de la Microfolie a guidé les élèves à travers une sélection d’œuvres — peintures, affiches, photographies — couvrant deux siècles d’histoire sociale et économique : des Raboteurs de parquet de Caillebotte à l’affiche de mai 68 Sois jeune et tais-toi, en passant par l’affiche de soutien aux grévistes du Joint français. Un jeu sous forme de quiz a clôturé la séance, et la médiatrice a profité de cet échange pour présenter son propre métier ainsi que la Cité des Arts.


Pour la deuxième séance, en mai, les élèves ont pris le relais : en groupes, ils ont sélectionné deux à trois œuvres et préparé leur propre intervention orale de médiation culturelle, en lien direct avec les thèmes au programme — mutations du travail, luttes sociales, chômage — et les questions qui leur avaient été attribuées, telles que :
- L’art peut-il participer aux luttes sociales ?
- Quel mouvement du passé vous semble le plus proche des luttes sociales actuelles ?
- Quelles luttes sociales vous semblent importantes aujourd’hui à La Réunion ?
- Représentation du travail dans l’art : qu’est-ce qui a changé sur ces 30 dernières années, selon vous ?



Les œuvres choisies témoignent d’une belle ouverture d’esprit : des classiques de la peinture sociale (Les Glaneuses de Jules Breton, Le Serment du Jeu de Paume de Jacques-Louis David) côtoient des créations plus contemporaines et engagées — la fresque Liberté guidant le peuple de Pboy (2019) revisitant Delacroix avec des Gilets jaunes, la photographie Migrant Mother de Dorothea Lange (1936) ou le tableau The Problem We All Live With de Norman Rockwell (1964). Certains groupes ont aussi mobilisé le cinéma — American History X de Tony Kaye (1998), L’Histoire de Souleymane de Boris Lojkine (2024), Furcy, né libre d’Abd Al Malik (2026) — et des œuvres ancrées dans la culture réunionnaise : la chanson Batarsité de Danyel Waro (1994) et le poème Bon moun de Frédéric Celestin (2018).


Ce fût l’occasion d’un entraînement concret et original au Grand Oral, qui a placé les élèves en position d’experts face à leurs camarades.
Ce partenariat avec la Microfolie illustre parfaitement comment un espace culturel peut devenir un terrain d’apprentissage vivant, où les œuvres d’art dialoguent avec les savoirs disciplinaires.
Nous remercions l’équipe de la Microfolie pour la qualité de son accueil, et en particulier Mme Tetia.
Elodie Balara – Professeur de SES

